« Vent de boulet » de Sylvie Dubin

dubinDes hommes suspendus à des cerfs-volants pour surveiller les lignes, un opérateur du cinéma des armées accusé de complicité de meurtre ou encore des permissionnaires prisonniers d’un train fou dans la vallée de la Maurienne, telle est – entre autres récits insolites – la matière de ces treize fables vraies. Car si la plupart des personnages sont de fiction, les faits sont authentiques, aussi incroyables qu’ils paraissent. Le recueil construit ainsi une fresque de la Grande Guerre à hauteur de poilus, violente, boueuse, et non dénuée d’un humour un peu grinçant. 
Ce véritable récit-puzzle croise les destins de femmes et d’hommes ordinaires, depuis la mobilisation en août 1914 jusqu’à l’épilogue, en 1920. L’auteure y rend hommage à ses aïeuls, aux nôtres, qui ont senti le vent de boulet. Quelque cent ans plus tard, il continue de souffler… (éditeur : Paul & Mike)


Ssylvie-dubinylvie Dubin a longtemps cherché ce qui pourrait bien passionner les visiteurs de la page « Nos auteurs ». Qu’elle soit née en 1960 à Bourges ne lui parut pas très captivant, ni qu’elle ait vécu une jeunesse heureuse en Vendée. Ses études de Lettres à Paris, sa vie de famille à Angers, son activité d’enseignante dans une école d’ingénieurs ? Pas davantage. Raconter que nombre de ses nouvelles ont été couronnées dans les concours littéraires et qu’à l’issue de l’un d’eux un premier recueil, Selon elles, a même été publié (Siloë, 2010), c’était fanfaronner. Elle se dit alors qu’elle devrait plutôt livrer ici des choses très intimes – ce qui l’obsède, ce qui l’inspire – avant de se rendre compte qu’elle avait déjà consommé son crédit de lignes. Dommage.